Desmond Tutu est né à Klerksdorp, Transvaal. Sa famille déménage à Johannesburg quand il a 12 ans. Son père était enseignant et sa mère femme de ménage et cuisinière dans une école pour aveugles.

Bien que Desmond Tutu voulait devenir médecin, sa famille ne pouvant pas se permettre la formation, il suivi les traces de son père dans l’enseignement. Il étudia à l’Ecole Normale de Pretoria 1951 à 1953, et continua à enseigner à Johannesburg. Il démissionna après l’adoption de la Loi sur l’éducation bantoue, pour protester contre les mauvaises perspectives éducatives pour les Sud-Africains noirs. Il poursuivit ses études, cette fois dans la théologie, au Theological College St Peter à Johannesburg. En 1961 il est ordonné prêtre Anglican.

Il étudie au King College de Londres (1962-1966) où il reçoit son master de théologie. Pendant ce temps, il travaille comme vicaire à temps partiel, d’abord à l’église Saint-Alban, puis à l’église St Mary.

Son retour en Afrique du sud

En 1967, il retourne en Afrique du Sud et est devient aumônier à l’Université de Fort Hare. De 1970 à 1972, Tutu enseigne à l’Université Nationale du Lesotho. En 1972, Tutu retourna au Royaume-Uni, où il a été nommé vice-directeur du Fonds pour l’éducation théologique du Conseil œcuménique des Eglises. Il retourne en Afrique du Sud en 1975 et a été nommé doyen de la cathédrale St Mary à Johannesburg.

Desmond Tutu

En 1976, les manifestations à Soweto contre l’utilisation par le gouvernement de l’afrikaans comme langue obligatoire de l’enseignement dans les écoles se transforment en un soulèvement contre l’apartheid. Dès lors il suggère un boycott économique de son pays. Il est vigoureusement opposé à la politique «d’engagement constructif» de l’administration Reagan qui préconise la «persuasion amicale». Tutu organise des marches pacifiques qui ont amené 30.000 personnes dans les rues de Cape Town.

« Parfois strident, souvent tendre, jamais effrayé et rarement sans humour, la voix de Desmond Tutu sera toujours la voix des sans voix. » Nelson Mandela

De 1976 à 1978 il est évêque du Lesotho puis secrétaire général du Conseil sud-africain des Églises. Par ses écrits et conférences en Afrique du sud et à l’étranger, Tutu prône la réconciliation entre toutes les parties impliquées dans l’apartheid. L’opposition de Tutu à l’apartheid était vigoureuse et sans équivoque, et son franc-parler légendaire à la fois en Afrique du Sud et à l’étranger lui vaut le respect de tous, ou presque…. Il compara l’apartheid au nazisme; en conséquence, le gouvernement révoque deux fois son passeport, et il a été emprisonné brièvement en 1980 après une marche de protestation.  Il critique vigoureusement l’ANC à plusieurs reprises, y compris en 2016, et notamment le Président Zuma.

Son rôle post-apartheid

Après la chute de l’apartheid, Tutu dirige la Commission Vérité et Réconciliation. Il prit sa retraite comme Archevêque de Cape Town en 1996 et est fait archevêque émérite du Cap.

Desmond Tutu est associé au surnom qu’il donna à l’Afrique du Sud de « Rainbow Nation » en décrivant la diversité ethnique.

Depuis sa retraite, Tutu travaille comme activiste mondial sur les questions relatives à la démocratie, la liberté et les droits humains. Il est le directeur de l’Institut pour la justice et la réconciliation, l’organisation successeur de la Commission vérité et réconciliation sud-africaine. Dans ce rôle, il remet le Prix annuel sud-africaine de réconciliation.